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Danser_318

vnus

Have you hugged, kissed and respected your brown Venus today ?
de  Robyn Orlin
Sur scène, l’image projetée d’une Vénus digne des canons de beauté du XIXe siècle en Europe. De la salle descendent quatre femmes tonitruant : « Connaissez-vous Saartje Baartman ? » Pour les ignorants, il s’agit de la Vénus hottentote, achetée en Afrique du Sud pour être exhibée et prostituée jusqu’à sa mort en 1815, puis disséquée et exposée au Musée de l’Homme avant que ses restes soient rendus à son peuple en 2002.

Sujet en or pour Robyn Orlin et ses généreuses danseuses, chanteuses et comédiennes qui dénoncent le rantanplan mais néanmoins cruel raciste
« supposé disparu » en faisant participer la salle à leur jeu plein de vigueur. Dans ce bataclan qui tient du cabaret et où l’on rit parfois un peu jaune, des perles ! « Je ne suis pas noire, je suis marron », dit l’une : coup de pied digne d’un footballeur qui envoie valdinguer la valeur symbolique de la couleur noire dans notre culture tandis que le jeu de mot sur marron rappelle l’esclave fugitif pour vivre en liberté aux Antilles. Toujours aussi mordante, Robyn Orlin, tant dans son propos que dans ses formes inventées. 
Bernadette Bonis
photo L. Philippe
Paris/Théâtre de la Ville