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Danser_318

critique3

Paris/Théâtre national de Chaillot

C'est un tour de l'univers brownien en quatre pièces que nous livre ce programme.Ouvrant par Watermotor, ce solo de quelques minutes créé par et pour Trisha Brown en 1978, est repris pour la première fois par le danseur Neal Beasley qui s'y montre éblouissant et prouve, s'il en était besoin, la qualité d'écriture de la chorégraphe que l'on retrouve déployée dans les trois œuvres qui suivent.

À savoir : une finesse de composition qui s'appuie sur la gravité et l'impondérable. C'est manifeste dans les Yeux et l'âme (extraits de Pygmalion de Jean-Philippe Rameau), où les danseurs suspendus à des filins jouent les oiseaux planeurs tandis que ceux au sol semblent plus légers que l'air. Ça se confirme avec les brumes d'Opal Loop et la création d'I'm going to Toss my Arms - if you Catch them, they're Yours, où les danseurs évoluent dans un espace qui semble s'expandre avec leurs mouvements, tandis qu'une rangée de ventilateurs donnent un appel d'air. Ce vent artificiel les transportera bientôt au bord de mer, comme le supposent les maillots de bain arborés à la fin… Ce qui reste de la soirée est cette impression que Trisha Brown a su trouver l'équilibre parfait entre la rigueur de la structure et l'absence totale de codification.

Agnès Izrine

Photo L. Philippe