On attendait beaucoup de la rencontre au sommet de ces deux figures emblématiques de la création contemporaine, dont le point commun incontestable est d’avoir, chacun dans son domaine, créé un geste artistique aussi inimité qu’immédiatement reconnaissable. Déception, il semble que le feu d’artifice espéré a fait long feu. Non que l’on ne reconnaisse, dans cette longue fresque équestre et chorégraphique, les atouts de l’un et de l’autre : fluidité et sensibilité de l’écriture chorégraphique chez la première, maîtrise absolue des figures cavalières déguisée en séduisante liberté chez le second. Mais, contrairement aux intentions des auteurs, dans le mariage entre les deux univers et deux corps de ballet, l’un à pied, l’autre à cheval, se dissout une bonne part de l’énergie de chacun. à ce mariage, la danse a le plus à perdre.
Même concentrée, pour l’essentiel, sur un terre-plein circulaire central, elle se dilue devant la présence forte des écuyères de l’Académie du spectacle équestre et de leurs montures. Leurs voltes, demi-voltes et diagonales insolentes font peu de cas des pauvres humains dont les mouvements, en symétrie ou en résonance, n’ont jamais la même intensité. Au-delà des références subliminales, dont celle du “Sacre” de Pina Bausch, reste l’évocation parfois attachante du temps mythique où homme et cheval ne faisaient qu’un…
Isabelle Calabre
Bruay-La-Buissière
©Y.?Omori
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