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La Bongsan Mask Dance-Drama

La Bongsan Mask Dance-Drama Preservation Society, troupe de théâtre masqué et dansé de Corée invitée en ouverture du Festival de l'Imaginaire

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Photo : @DR 

Avec un sens impeccable de la trouvaille improbable et parfaitement décalée, le Fstival de l’Imaginaire, seizième du nom, poursuit sa quête des formes les plus surprenantes du spectacle et nous apporte dans ses rets la Bongsan Mask Dance-Drama Preservation Society. Bongsan est une ville du nord-ouest de la Corée, un peu en dessous de Séoul et Incheon dans une région vallonnée de l’intérieur de la péninsule. C’est une ancienne ville commerciale ouverte aux influences et où c’est développée une forme de ce spectacle masqué, dialogué, mimé et dansé, toujours très haut en couleur et caractéristique de la culture coréenne.

Plusieurs types de ces spectacles coexistent, comme le Yangju Byol Sandae Nori dans la région de Séoul ou le Ogwangdae Nori dans le sud ; tous ont la même origine religieuse et étaient sans doute lié aux célébrations de l’anniversaire de Bouddha, dans un esprit très proche du gigaku japonais, spectacle lui-même sans doute issu directement de ces spectacles d’origine bouddhique coréens.

La Bongsan Mask Dance Drama Preservation Society a été créée dans les années 1930 pour conserver cette forme traditionnelle. Les vicissitudes de l’histoire ont largement contrarié les projets de cette docte société, les masques ayant dans ce coin de Corée eu moins d’impact de les canons. Il faut attendre 1958 pour que, nombre d’acteurs du nord ayant rejoint le sud, le Bongsan talchum (le mot talchum résume toutes les formes de danses coréennes masquée, un peu comme le mot opéra de Pékin le fait en Chine, toute chose égale par ailleurs) reprenne de la vigueur.
Dans un mélange de guignol –les vingt-six masques en papier mâché sont réputés les plus grotesques de Corée- et de rituel extrêmement codifié, développé sur cinq actes pour, avec une débauche de couleurs et de forme, le Bongsan talchum peut être regarder comme le témoignage d’une tradition culturelle ancienne et préservée. Mais on peut le prendre aussi pour ce qu’il est au premier degré : un moment de farce colorée, de musiques et de danses.

Philippe Verrièle


Du 9 au 11 mars à la Maison des Cultures du Monde – 101, bd Raspail - 75006 Paris site