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Les Hivernales
par Philippe Noisette
Après l'Afrique puis les états-Unis les saisons précédentes, c'est du côté d'un autre continent que les regards se tournent en Avignon. Du Japon à la Corée en passant par Singapour, Emmanuel Serafini, le directeur des Hivernales, s'ouvre ainsi de nouveaux horizons chorégraphiques.
Au départ, l'idée était de braquer ses projecteurs sur la jeune scène japonaise dans le sillage d'un Hiroaki Umeda : « mais on a commencé des démarches début 2011, quelque temps avant la tragédie de Fukushima, autant dire que beaucoup de projets n'ont pu être concrétisés ». Ajoutez à cela des budgets en France toujours plus serrés et il a fallu revoir sa copie. De Corée, qu'il connaît depuis l'époque où Fattoumi/Lamoureux y ont été invités – Serafini était alors l'administrateur de la compagnie –, le programmateur voyageur a rapporté des jeunes talents « avec une qualité d'interprètes assez remarquable, du moderne au classique sans oublier le hip-hop, les danseurs coréens ont une façon d'approcher le mouvement assez rare ». Selon lui, il faudra attendre encore pour de grands chorégraphes, donnons du temps au temps donc. Mais les invités des Hivernales cette année feront sensation : Lee Hyun-Bum et Choi jin-ju, Jeong-Ho Nam ou Hee-jung Kim et Su-yun Yi. Continuant ses escales, Serafini a découvert Singapour, « véritable plaque tournante de la danse en Asie ». De Chine, du Vietnam ou du Laos, les artistes y sont d'une grande maîtrise. « Sans oublier l'Inde : je crois avoir vu quelques-uns des meilleurs spectacles indiens à Singapour ! La ville est plus cosmopolite que Séoul et cela se ressent sur ce qu'on y voit, sur les centres d'intérêt du public. » Programmé à Avignon, T.H.E Dance Company de Kuik Swee Boon est à découvrir toutes affaires cessantes. Tirant un fil entre l'Asie et l'Europe, seront également programmés des artistes qui vivent en France ou en Belgique tels Carlotta Ikeda avec Waiting, Sumako Koseki au butô incandescent ou Yuko Watanable et Kyung-a Tyu installés à Bruxelles. Le Ballet de Marseille donne son opus la Vérité 25x par seconde, dont l'artiste chinois Ai Weiwei signa la scénographie. Enfin, Emmanuel Serafini nous offre un moment rare : le retour sur scène de Catherine Diverrès. Dans O Sensei, la danseuse rend hommage à Kazuo Ohno qu'elle fréquenta dans les années 80. Un maître disparu en 2010 qui hantera peut-être les Hivernales à sa façon, baroque et poétique.
De William Petit à Lionel Hoche, des Italiens de TPO à Gabor Halasz, autre commande maison, de la Compagnie Ex Nihilo à la Compagnie Stylistik, de Pascal Rambert à une exposition Lee Ufan sans oublier des stages toujours très courus, ces Hivernales au doux parfum d'Asie vont réchauffer notre hiver. Embarquement immédiat.
A
25 février au 3 mars 04 90 32 92 28 www.hivernales-avignon.com
Photo : D. Venturini
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