Le Junior Ballet
du cnsmdp
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À l'heure où de jeunes danseurs vont quitter leur école et entrer sur le marché du travail, une année de transition professionnelle n'est pas de trop pour les mettre dans les conditions d'appréhension de la scène et de l’interprétation.
Avec quarante spectacles par saison, le Junior Ballet du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris rejoint quasiment la moyenne de spectacles donnés par un Centre chorégraphique national. Cette année, le Junior Ballet contemporain dansera les reprises de Noces de Preljocaj ou Uprising d’Hofesh Shechter (2006), mais également une création sur mesure de Thomas Lebrun. Côté classique, le Junior Ballet présente ce mois-ci son programme 2011-2012 avec Evening Songs de Kylian, un pas de deux de la Belle au bois dormant, Esplanade de Paul Taylor, et une création de Nicolas Paul de l'Opéra de Paris.
La création est une donnée inhérente à chaque programme annuel du Junior Ballet. En classique, José Martinez, Agnès Noltenius (ex-danseuse de Forsythe), Jean-Guillaume Bart, Joseph Russillo, Philippe Tréhet, Larry Keigwin (basé à New York), Marie-Agnès Gillot, l'Anglais Christopher Hampson, Nicolas Paul, ont déjà composé une pièce ces dernières années, Pietragalla étant l'invitée 2012. En contemporain, Pedro Pauwels, Hervé Robbe, Paco Decina, le performeur Karim Sebbar, Christine Bastin, Mourad Merzouki, Daniel Dobbels et aujourd'hui Thomas Lebrun (en attendant Itzik Galili l'an prochain), ont sévi au Junior Ballet.
On le voit, la palette est large, pour une compagnie éphémère aux défis nombreux. Alors, comment se choisit le chorégraphe de l'année ? Sur quels critères et selon quelles nécessités ? Pour Daniel Agésilas, directeur des études chorégraphiques du CNSMDP, les contraintes sont multiples : « Les chorégraphes doivent avoir un sens pédagogique certain, car ils vont se retrouver face à de très jeunes danseurs qui sont encore des élèves. Ils doivent aussi posséder un vrai langage chorégraphique. Car ma mission est d'apprendre à mes élèves à danser, je ne leur propose donc pas du travail conceptuel ou de la non-danse. Enfin, mes budgets m'obligent à proposer une œuvre légère de trente minutes maximum, avec peu de décors et peu de costumes ».
Tout cela implique de la part des chorégraphes candidats une certaine humilité. « La pièce créée ne va pas beaucoup tourner. L'objectif n'est pas de mettre le chorégraphe en valeur, mais le travail pédagogique qu'il saura insuffler. » à l'inverse, le directeur des études connaît aussi son devoir : celui de favoriser l'embauche d'un maximum d'élèves dans des compagnies. Et la rencontre avec un chorégraphe lors de son passage au Junior Ballet est évidemment propice, voire efficace : ces dernières années, trois danseurs sont entrés au Ballet de Biarritz chez Thierry Malandain, cinq élèves ont rejoint Jean-Claude Gallotta après sa venue au Junior Ballet, deux sont allés chez Daniel Dobbels, deux autres chez Emio Greco.
Si les chorégraphes contemporains français sont nombreux sur la liste des élus de Daniel Agésilas, ils sont beaucoup plus rares du côté des créateurs au langage néoclassique. « En dehors du vivier de l'Opéra de Paris, je trouve très peu de chorégraphes en France. Et ce, pour une raison que je crois très simple : outre le fait qu'il y a peu de compagnies classiques en France, il y a aussi un problème de formation. Il n'existe pas, chez nous, de classes de composition dans les conservatoires nationaux. Je bataille au Ministère depuis des années pour en créer une au CNSMDP, comme il en existe dans toutes les autres grandes écoles internationales, mais on me répond inlassablement que le cursus existant au CNDC d'Angers suffit. Pourtant, il n'est pas adapté aux méthodes de création dans le langage classique. Je ne désespère pas pour autant… » •
Junior Ballet classique du 10 au 14 décembre au CNSMDP,
209, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris.
01 40 40 45 45.
Puis, tournée en France. Planes de Trisha Brown au Centre Pompidou par les élèves de 4e année, jusqu'au 10 décembre.
Photo 1 : Ouverture en deux mouvements de José Martinez par le Junior Ballet classique. Laurent Philippe
Photo 2 : The Him de Yuval Pick par le Junior Ballet contemporain. Laurent Philippe
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