Éditorial du numéro 302

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S'il y a bien un peuple auquel la danse doit beaucoup, ce sont les Gitans, Tziganes et autres Roms, qui ont inspiré nombre de chefs-d'œuvre et fait le succès de la plupart de nos chorégraphes hexagonaux. Dès le début du XIXe siècle, le grand Philippe Taglioni crée la Gitana (1838) après la Fille du Danube et emprunte aux Tziganes leurs accents et leur rythmes, leurs cambrés supposés et leur fougue pour rehausser l'éclat de ses ballets. Mazilier (Paquita, 1846, Griseldis ou les cinq sens, 1848), Jules Perrot (la Esmeralda, 1847, Gazelda ou les Tziganes, 1853), puis bien sûr Petipa (la Perle de Séville, 1845 et l'Étoile de Grenade, 1855, sans parler de la fameuse scène des Gitans de Don Quichotte, 1869) et enfin Mérante avec les Deux pigeons dont les héros sont tziganes (1886) lui emboîteront le pas. Il faut dire que ces danses "de caractère" au double sens du terme, enthousiasment particulièrement le public qui manifeste là sont attrait pour l'ailleurs et le dépaysement, son goût déjà pour une “danse du monde” et une sorte de “world music” réinventée, qui prendra toute son ampleur dans les siècles suivants. Carmen, gitane absolue, avec sa liberté et sa force sensuelle qu'expriment déhanchés lascifs et pas d'une vivacité démoniaque, sera l'héroïne favorite des chorégraphes du XXe siècle (Goleïzovski, 1931, Roland Petit, 1949, Loring, 1943, John Cranko, 1971, Alfonso Cata, 1975, Antonio Gadès, 1983, Karine Saporta, 1991, Thierry Malandain, 1996, pour ne citer que les plus connus), sans parler de la danseuse gitane du Boléro de Nijinska (1928)... Aujourd'hui, c'est le flamenco, danse inventée par ces fameux Roms qui triomphe partout. Il suffit de consulter n'importe quel programme de théâtre pour s'en convaincre ou n'importe quel centre d'enseignement de la danse pour mesurer l'engouement qu'il suscite. Bref, on mesure l'apport et la richesse culturelle d'un tel peuple, dont on ne saurait se priver durablement. LesEspagnols,loindelesrepousser, enont même fait l’emblème de leur culture...

Aura-t-on un jour cette bonne idée ?

Agnès Izrine

Sommaire du numéro 302


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S'il y a bien un peuple auquel la danse doit beaucoup, ce sont les Gitans, Tziganes et autres Roms, qui ont inspiré nombre de chefs-d'œuvre et fait le succès de la plupart de nos chorégraphes hexagonaux. Dès le début du XIXe siècle, le grand Philippe Taglioni crée la Gitana (1838) après la Fille du Danube et emprunte aux Tziganes leurs accents et leur rythmes, leurs cambrés supposés et leur fougue pour rehausser l'éclat de ses ballets. Mazilier (Paquita, 1846, Griseldis ou les cinq sens, 1848), Jules Perrot (la Esmeralda, 1847, Gazelda ou les Tziganes, 1853), puis bien sûr Petipa (la Perle de Séville, 1845 et l'Étoile de Grenade, 1855, sans parler de la fameuse scène des Gitans de Don Quichotte, 1869) et enfin Mérante avec les Deux pigeons dont les héros sont tziganes (1886) lui emboîteront le pas.

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Qu’est-ce qui distingue l’homme de l’animal ? Voilà une question qui, tout en s’absentant de nos esprits au quotidien, semble pourtant nous travailler secrètement tant les publications sur le sujet ont abondé dans l’année. Danser, par l’intermédiaire de notre confrère Thomas Hahn, se saisit de cette question, légitime, puisque nos amies les bêtes envahissent la scène chorégraphique. Mais au-delà de cette interrogation, une même fascination du regard réunit le danseur et l’animal. Car ce qui séduit, chez l’un comme chez l’autre, est la justesse du mouvement couplée avec cette impression d’infaillibilité et de puissance que sa parfaite exécution dégage.

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