Éditorial du numéro 301

couverture du numéro 301

Après une saison plutôt morose, les festivals d’été nous ont réservé quelques belles surprises chorégraphiques, laissant augurer une rentrée plus excitante. Rentrée à laquelle, d’ailleurs, contribuent d’autres festivals comme cette Biennale de la danse de Lyon qui démarre ce mois-ci.
Un plus large public pourra ainsi découvrir l'exceptionnel Si je meurs laissez le balcon ouvert, de Raimund Hoghe ou Gardenia d’Alain Platel (à Lyon), En Attendant d’Anne Teresa de Keersmaeker ou Liquide de Christophe Haleb... Revoir enfin Nelken, chef-d’œuvre de Pina Bausch. Ce qui nous entraîne à nous poser cette question : pourquoi voit-on de meilleures créations dans les festivals que dans les programmations de saison ? Bien sûr, la question du budget, donc des possibilités de coproduction d’une œuvre, joue un rôle déterminant, mais celle du risque pris aussi. Pour le formuler autrement, disons qu’une création réussie a plus de chance de voir le jour si celui qui la programme s’investit, artistiquement et financièrement. Et, dans cet ordre d’idée, on peut déplorer un manque de dynamisme et peut-être de curiosité ou d’audace chez les programmateurs de salles. Bien entendu, ces derniers, qui doivent présenter une saison “généraliste” – de la danse, certes, mais aussi du théâtre, du cirque,de la musique...– sont sans doute moins à même d’investir dans la danse, quoique... Côté artistes on peut aussi supposer que la perspective de créer une pièce dans un grand festival de danse soit également plus motivante. Mais la presse a également son rôle à jouer. Et, dans ce domaine, qui est aussi le nôtre, certains faits sont assez surprenants. Ainsi, on remarquera, outre que les quotidiens réduisent toujours un peu plus la place laissée à des articles sur la création chorégraphique, que les choix éditoriaux mettent davantage en avant des phénomènes de mode plutôt que les œuvres majeures. Par exemple, on peut s’étonner de la surface accordée à Cecilia Bengolea et François Chaignaud – et ce indépendamment de l’estime qu'on leur porte – par rapport à celle réservée à Raimund Hoghe ou Ohad Naharin. On n’oserait penser que le succès médiatique de ces premiers ne soit que l’effet d’un intérêt très ordinaire pour le côté “croustillant” de Pâquerette. Ce qui, somme toute, nous renverrait aux jours sombres et forts anciens de la danse, quand les abonnés allaient à l’Opéra voir les danseuses écarter les jambes ! Une méprise dangereuse pour l’art chorégraphique !

Agnès Izrine

Sommaire du numéro 301


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Après une saison plutôt morose, les festivals d’été nous ont réservé quelques belles surprises chorégraphiques, laissant augurer une rentrée plus excitante. Rentrée à laquelle, d’ailleurs, contribuent d’autres festivals comme cette Biennale de la danse de Lyon qui démarre ce mois-ci. Un plus large public pourra ainsi découvrir l'exceptionnel Si je meurs laissez le balcon ouvert, de Raimund Hoghe ou Gardenia d’Alain Platel (à Lyon), En Attendant d’Anne Teresa de Keersmaeker ou Liquide de Christophe Haleb.


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