Hugo Marchand Etoile

Tous ses amis, admirateurs et balletomanes attendaient cette nouvelle avec grande impatience, fébrilité même. C’est maintenant chose faite. Merci à Aurélie Dupont , et bravo à Hugo Marchand pour cette nomination si méritée ! Michel Odin
 
Sur la proposition d’Aurélie Dupont, Directrice de la Danse,
Stéphane Lissner, Directeur de l’Opéra national de Paris, a nommé Hugo Marchand Danseur Étoile de l’Opéra national de Paris , à l’issue de la représentation du ballet La Sylphide (Pierre Lacotte ) dans lequel il interprétait le rôle de James sur la
scène Bunka Kaikan de Tokyo (Japon) ,  le 3 mars 2017.
Il dansera à nouveau ce rôle au Japon dimanche mars à 15h avant
d’ interpréter Obéron dans Le Songe d’une nuit d’été (George Balanchine) les 17, 18 et 23 mars 2017 à 19h30 à l’Opéra Bastille.
2007
Le Premier prix du CNR de Nantes lui ouvre les portes de l’École de danse de l’Opéra de Paris.
2011
Est engagé à 18 ans dans le Corps de ballet.
2014
« Coryphée ».
Médaille de bronze au Concours international de danse de Varna.
2015
« Sujet ».
Prix du Cercle Carpeaux.
Prix AROP de la Danse.
Nommé au Prix Benois de la Danse.
2016
« Premier danseur ».
Principaux rôles :
Violin Concerto (Balanchine),
Pas./Parts  (Forsythe),
Des Grieux / L’Histoire de Manon (MacMillan),
L’Anatomie de la sensation  (McGregor),
La Nuit s’achève  (Millepied),
Pas de trois /Le Lac des cygnes,
Drosselmeyer -Le Prince /Casse Noisette,
Solor / La Bayadère,
Roméo / Roméo et Juliette  (Noureev),
Les Variations Goldberg  (Robbins, 2016).

Créations à l’Opéra national de Paris :
Clear, Loud, Bright, Forward  (Millepied, 2015),
Duo Concertant  (Balanchine, 2016),
Blake Works I  (Forsythe, 2016).

Entrée

Geste de courtoisie, Stéphane Lissner a laissé Aurélie Dupont présenter la prochaine saison de ballet, avant de reprendre la parole pour celle de l’Opéra. Non sans avoir pris soin de préciser avant de lui laisser la parole, que le mécénat représente 40 % du budget des créations et que de nouveaux mécènes viennent encourager le ballet.

 

Aurélie Dupont

Aurélie Dupont a changé son apparence. Nous sommes dans le style Colette qui n’est pas sans charme : cheveux à la juste longueur, bouclés aux teintes mêlées chipées au faisan de colchide, joli corsage blanc au bustier froufroutant, visage reposé, souriant, où pointe la malice, Colette vous dis-je.
Aurélie Dupont a gagné de l’assurance, et surtout, de la sérénité. Les stress de l’arrivée à la direction du ballet sont oubliés. Subitement, je ressentis une impression étrange, celle de me trouver devant une ballerine qui dégage, par la grace de son sourire, de sa silhouette, une sorte de parfum mystérieux, cette fragrance rare, sui generis du Ballet de l’Opéra, ce parfum que l’on recherche, que l’on poursuit, qui peut nous embellir, mais aussi, nous déchoir. Plus simplement, je me dis, enfin une vraie direction artistique dans cette Maison !
Première annonce, un addenda à la saison en cours. Gala en l’honneur d’Yvette Chauviré, le 22 avril, jour du centenaire de sa naissance. À programme, quatre ballets où s’est illustrée cette légendaire ballerine de la Maison, Mirages, Suite en blanc, La Mort du Cygne et le Grand Pas classique d’Auber qu’elle a créé en 1949 en dehors de l’Opéra.

Les premiers mots d’Aurélie ont été pour nous ouvrir son cœur : « Lorsque je suis arrivé, j’ai trouvé les danseurs déçus, je les ai sentis pas assez solidaires entre eux. Depuis un an, ils sont solidaires, ils défendent la même cause. Le Ballet Classique se perdait, j’ai tenu à ce qu’il revienne à l’honneur. Il y aura donc à l’affiche, Don Quichotte, Onéguine, et La Fille mal gardée.
J’arrive à un moment où beaucoup d’Etoiles vont partir. J’ai la responsabilité de former des danseurs Etoiles, physiquement, moralement et artistiquement.
La danse contemporaine est importante. Un danseur se doit de goûter à tout. Il faut s’ouvrir et prendre des risques. J’ai mes souvenirs et mes préférences, mais je dois penser à l’évolution artistique de chaque danseur. IL faut leur donner le goût du risque. »

 

18 mai 2018
Au programme donc le 18 mai 2018 : une nouvelle version pour l’Opéra de The Art of notLooking back, de Hofesh Shechter, qui a selon Aurélie, une technique très spéciale, la reprise de la création de Crystal Pite, The Seasons’Canon, et puis… Aurélie avoue : « J’ai envie d’inviter des jeunes chorégraphes, prenons un risque avec Ivan Perez. Je ressens un accord très fort avec son ambiance artistique ». Il composera le troisième ballet de la soirée, qui sera précédé par un spectacle dans les parties publiques, concocté par James Thierrée.
Le 4 décembre, création du bouillonnant suédois Alexander Ekman sur une musique de Michael Karlson.
Le 23 février, il y aura une soirée Ravel : Daphnis et Chloé de Millepied suivie du Boléro de Béjart.
« Pour l’avoir dansé, je peux vous dire qu’une fois que l’on a été sur cette table rouge, on ne danse plus jamais pareil. Je suis très heureuse d’avoir pu obtenir les droits pour l’Opéra ».

À propos des danseurs qui partent en retraite : « Je trouve que c’est bien de laisser le choix du Ballet qu’ils souhaitent danser ». Donc Marie Agnès Gillot partira avec, curieux choix, l’Opéra Orphée et Eurydice de Gluck, et Hervé Moreau, avec Roméo et Juliette.
Le 21 septembre, il y aura un gala d’ouverture : Trois Gnosiennes de van Manen, le Faune de Sidi Larbi Cherkaoui st Diamants de Balanchine.
Suivront le 26 septembre, Agon de Balanchine, le Sacre du printemps de Bausch, et une création d’un chorégraphe qu’Aurélie Dupont aime beaucoup : Saburo Teshigawara.

Hans van Manen
use, là où il était accepté ! Il y a une dizaine d’autres chorégraphes dans son cas.

Dernières précisions : une tournée au Japon en février prochain. « Je danserai pour la dernière fois dans Daphnis et Chloé » et à la fin de saison 2018, grande tournée à Chicago, une semaine, et New York, deux semaines.

Une seule chose inquiétante : il faudra bien un jour remplacer les productions de Noureev qui se font poussiéreuses. Pour le moment, personne n’en parle.

En attendant, poussons un ouf de soulagement: le Ballet a su tourner définitivement la page des méchantes années. Elles sont loin derrière nous ; oubliée l’atmosphère garde-chiourme. Bonne continuation pour Aurélie… et pour chaque danseur ! Michel Odin

 

TOUS LES SPECTACLES  – TOUTES LES DATES

thttp://Opéra de Paris – Saison 2017-18 du Ballet

Leonore Baulac a été nommée Etoile le 31 décembre 2016
Leonore Baulac a été nommée Etoile le 31 décembre 2016

Et de deux ! Belle fin de saison pour le ballet !
Léonore Baulac vient d’être nommé Etoile, après sa première représentation du Lac des Cygnes !
Souvenons-nous, au printemps dernier, Léonore a été une Juliette très convaincante, naturelle et spontanée, enhardie par un exceptionnel Roméo, Germain Louvet.
Léonore est engagée dans le corps de ballet en 2008, promue coryphée à l’issue du concours de novembre 2013, elle se fait remarquer en mai 2014, lorsque Benjamin Millepied lui confie le rôle de Chloé dans sa création du Daphnis et Chloé de Ravel. Puis elle devient la Clara du Casse Noisette de Rudolf Noureev en décembre 2014.
L’ascension est alors rapide : Sujet en 2014, Première Danseuse en 2015, et Etoile ce soir fameux du 31 décembre 2016.
Je n’assistais pas hélas, à cette représentation.
Léonore sera une Etoile mutine, légère, évanescente. Déjà, par son sourire espiègle, sa gaieté ; elle réveille la salle dès qu’elle entre en scène. Léonore ne peut pas renier ses origines norvégiennes, on dirait une petite fée qui surgit de la forêt pour sauter dans le fjord et sauver l’imprudent d’un naufrage, le naufrage de l’ennui, celui qui guette trop souvent le spectateur. Avec la fée Léonore, il n’a plus rien à craindre. Ne restons pas silencieux sur sa technique impeccable qu’elle a eu l’intelligence de personnaliser, de faire sortir du carcan. En picorant de-ci de-là, elle a su dessiner sa silhouette, trouver ce qui fait le charme d’une Etoile, ce scintillement indéfinissable qui nous envoûte sans éblouissement malveillant. N’essayons surtout pas d’en trouver les causes, la magie serait rompue.
Toutes nos félicitations, Léonore ! Michel Odin

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Mais que s’est-il donc passé ce soir, 28 décembre, à l’Opéra ?
J’ai eu l’impression de voir le Lac des Cygnes pour la première fois.
Germain Louvet et Ludmilla Pagliero étaient resplendissants.
Pour Germain, c’était la deuxième représentation, gracieux, élégant, plein de charme et de simplicité, il renouvelle complètement le rôle. Son sourire doux, sa légèreté le rendent irréel, pour la première fois dans l’histoire, un danseur Nervalien.
Sa technique, légère, aérienne, est d’une lisibilité sans faille. Sous une sorte de danse inconsciente et légère, il grave les pas dans notre imaginaire. Il sait donner un nouveau style, du caractère, du lyrisme, au difficile solo final du premier tableau. Seul en scène, il captive le public par cette indéfinissable suavité de ses arabesques. Osons aller plus loin : finalement, il réinvente l’arabesque, la remet au goût du jour. Dans l’acte blanc, le pas de deux avec Ludmilla est vraiment exceptionnel. Ils arrivent à rendre le dialogue intelligent, palpable, ils dansent, oui, mais on les entend se murmurer des choses, la danse est si parfaite, qu’elle semble rester en retrait. Le pas de deux est tranquille et délicat, avec ce mouvement continu qui ne s’arrête jamais. Enfin un couple qui ne joue pas au musée Grévin ! Rien n’est académique, tout sort de leur personnalité. Tout est réinventé avec génie, comme ces mouvements de bras de Germain qui s’alanguissent ou qui se brusquent subitement, que de nouveautés ! Ces arabesques qui se penchent avec délicatesse nous percent le cœur.
Dans le pas de deux du cygne noir, tout semble nouveau. Intelligence du regard et des ports de tête, Art du plié maîtrisé de la plus belle manière, entrechats suaves. Le dernier pas de deux est d’une étrangeté jamais vue. Germain, Ludmilla ? les silhouettes se brisent, les corps se disloquent, les bras s’amplifient pour exprimer le désespoir. Eux, au moins, croient en ce qu’ils font, c’est rare.
Cette production qui était poussiéreuse, ennuyeuse, terne, a repris subitement des couleurs, scintille d’une manière nouvelle, avec un corps de ballet qui enfin s’intéresse à ce qu’il danse et ne semble plus reprocher au public d’être là, on connaît la rengaine des méchants temps  : « on est tellement mieux entre nous »
Mon enthousiasme a été largement partagé par le public, et par la direction de l’Opéra puisque Monsieur Lissner et Aurélie Dupont sont venus annoncer au public la nomination d’Etoile pour Germain Louvet.
Félicitons Germain avec la plus grande joie.
Il a toutes les qualités du grand danseur. Sur scène, dans un groupe, il s’impose, il attire l’œil, on le reconnaît tout de suite, pliés impeccables, subtilité des sauts, intelligence des bras, simplicité de la gestuelle, présence dramatique, belle silhouette élancée, nulle trace de sophistication. C’est un vrai danseur. Il est difficile de lui trouver un défaut, sinon celui de déplaire aux adeptes de la non-danse.
Germain Louvet danseur Etoile ? Cette nomination n’étonne personne, tout le monde l’attendait avec impatience. Elle n’est pas seulement un signe d’encouragement pour l’un des meilleurs danseurs de sa génération, elle est aussi un signe de changement.
Peut-être même une date historique ? À partir d’aujourd’hui, à l’Opéra de Paris, les nominations d’Etoile sont décidées en raison du seul talent sans qu’aucune autre considération plus ou moins vaseuse ou calcul de coquinage ne rentrent en compte. Vous l’avez compris, l’Opéra de Paris ne sera plus une maison de retraite pour des Etoiles accidentées 11 mois par an, sauf au mois d’août. En deux saisons, on est passé de la bureaucratie kagébiesque à une vraie direction artistique, pourvu que ça dure ! Michel Odin